La Chair des mots

PÉTITION

Poésie

Je suis si lasse de la guerre,
j’ai tant envie des travaux de naguère,
d’une longue robe de mariée
pour habiller mon appétit grossier.

Graeme Allwright, Jeanne d’arc

Étymologie

Pétition < lat. petitio = l’attaque, l’assaut, la requête, la demande en justice < petere = s’élancer vers, chercher à atteindre, attaquer, assaillir, chercher à obtenir, demander, chercher < rac. i.-e. *pet- qui signifie s’élancer vers.
De son côté, propice < lat. propitius = favorable, bienveillant (en parlant des dieux) < (Littré et Gaffiot) pro- (en avant) et pit- < petere, d’où l’idée d’aller en volant, de voler (au secours de).

Domaines

La faune et la flore : pennage, penne, penné, penniforme, pinnifère, pinnipède, pinnule
Le corps : appétant, appétissant, appétit, inappétence, panne, pannicule
L’habitat : pignon, pinacle
Le travail manuel : dépannage, dépanner, dépanneur, dépanneuse, empanacher, empannage, empanner, empennage, empenne, empenner, panachage, panache (< it.), panaché (< it.), panacher (< it.), panachure (< it.), panne, panonceau, parpaing, pennon, penon, pinnule
Les sentiments : appétant, appétence, appétissant, appétit, appétition, impétueusement, impétueux, impétuosité, inappétence, pétulance, pétulant, pinacle, propice
La communication : répéter, répétitif, répétition, répétitivité
La temporalité : à perpète, à perpette, perpétuation, perpétuel, perpétuellement, perpétuer, perpétuité
La spiritualité : propitiateur, propitiation, propitiatoire
Le travail intellectuel : compétence, compétent, incompétence, incompétent, répétiteur
La physique : centripète
La politique : panachage, panacher (< it.), pétitionnaire, pétitionner
L’économie : panné
La justice : à perpète, à perpette, perpétuité, pétitionnaire, pétitionner
La médecine : impétigineux, impétigo
Les loisirs : compétiteur, compétitif, compétition, compétitivité
Divers : Perpétue

Commentaire

Certains termes de la famille illustrent l’idée toute première de s’élancer en volant, comme propice, la propitiation, propitiatoire, ainsi que les termes qui renvoient aux plumes et aux ailes : empanacher, l’empannage et empanner (la voile figure l’aile), l’empennage, l’empenne et empenner (pour une flèche), le panachage, le panache, panacher, la panachure, panaché, le pennage (plumage des oiseaux de proie qui se renouvelle à la mue), la penne, penniforme, penné (dont les nervures sont disposées de part et d’autre d’un pétiole commun, comme les barbes d’une plume), le penon (ou pennon : ruban, brin de laine ou d’étamine, fil garni de plumes indiquant la direction du vent), le panonceau qui est passé du sens d’étendard à celui de petit panneau, la pinnule qui désigne, entre autres, une foliole de fougère. On peut ajouter à cette série le pignon (en architecture) qui désigne, par métaphore à partir de l’aile, la partie pointue d’un mur qui n’est pas une façade. Le terme pinacle a d’abord désigné le faîte du temple de Jérusalem, puis l’idée de quelque chose de haut dans l’expression porter au pinacle.
De nombreux termes sont encore proches du sens de s’élancer, comme l’appétence, centripète, la compétition, l’impétuosité, pétitionner, la pétulance. La compétence, c’est la capacité à chercher et à obtenir quelque chose. Dans la compétition, le préfixe (com-) signifie "à plusieurs", et dans la compétence, il sert à insister sur le sens du radical. Perpétuer signifie étymologiquement aller (sens atténué de chercher à atteindre) jusqu’au bout, sans s’arrêter, d’où "ne pas mettre fin à quelque chose". Est donc perpétuel ce qui ne s’arrête pas. Et le parpaing est étymologiquement une pierre à deux parements tenant toute l’épaisseur d’un mur. Le mot panne a plusieurs sens : c’est d’abord une étoffe proche du velours, à poils longs évoquant des plumes ou de la fourrure, sens que le radical a pris en alld. La panne, c’est aussi l’arrêt du fonctionnement d’un mécanisme. Ce sens a une origine maritime : la panne est l’extrémité de la vergue, rappelant la pointe d’une plume (une penne). Mettre en panne, c’est orienter les vergues d’un bateau à voiles de manière à arrêter son déplacement. Être en panne, c’est donc être à l’arrêt. D’où le dépannage. La panne, c’est aussi la graisse présente sous la peau du porc. Cette graisse constitue une sorte de doublure, de fourrure… Le pannicule est alors la couche de tissu cellulaire où s’accumule la panne. La panne est encore la partie de la tête d’un marteau opposée au gros bout. Elle est souvent fendue en deux et évoque vaguement les barbes d’une plume. Le mot panne signifie aussi un amas de nuage, par évolution du sens de graisse sans doute. Il renvoie enfin à un petit rôle au cinéma, à une œuvre médiocre ou à un mauvais tableau. Ce sens est une évolution du sens de arrêt du fonctionnement. Dans les trois acceptions, quelque chose (le talent, la réussite) ne fonctionne pas. C’est ce dernier sens qui explique l’adj. panné qui signifie pauvre, sans le sou, décavé. Le verbe répéter a commencé par signifier chercher à atteindre de nouveau, puis atteindre de nouveau, riposter, redemander, réclamer, recommencer, évoquer de nouveau. Pour finir, l’impétigo est une affection contagieuse caractérisée par une éruption de pustules qui attaquent la peau.

Complément

Viennent du grec des mots comme le diptère, l’hélicoptère, le ptérodactyle, le ptéranodon, le tétraptère, le coléoptère, le lépidoptère, le chéiroptère.
Au sens mécanique, le mot pignon appartient à la famille de peigner.
Au sens botanique, le mot pignon appartient à la famille de pin.

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Abréviations et conventions concernant la langue :

abr. abréviation
adj. adjectif
adv. adverbe
a. fr. ancien français
c.-à-d. c’est-à-dire
cf. confer
ex. exemple
fam. familier
fém. féminin
hyb. hybride
id. idem, pareillement
loc. locution
masc. masculin
neut. neutre
part. participe
p.-ê. peut-être
plur. pluriel
pop. populaire
préf. préfixe
prép. préposition
pron. pronom
rac. racine
sing. singulier
subst. substantif
suff. suffixe
vb verbe


Abréviations et conventions concernant le latin :

bas lat. bas latin (à partir du IIIe siècle de notre ère)
lat. latin classique
lat. ecclés. latin ecclésiastique (langue des auteurs chrétiens à partir de la fin de l’Empire)
lat. imp. latin impérial (à partir de la fin du 1er siècle de notre ère)
lat. méd. latin médiéval (à partir du VIIe siècle de notre ère, langue écrite)
lat. pop. latin populaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
lat. vulg. latin vulgaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
grom gallo-roman = latin parlé au Moyen Âge
lat. bot. latin des botanistes


Abréviations et conventions concernant les autres langues :

alld. mot directement emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
als. mot directement emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
angl. mot directement emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
ara. mot directement emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
bre. mot directement emprunté au breton, mais d’origine latine
celt. mot directement emprunté au celtique, mais d’origine latine
esp. mot directement emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
germ. mot directement emprunté au germanique, mais d’origine latine
it. mot directement emprunté à l’italien, mais d’origine latine
occ. mot directement emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
piém. mot directement emprunté au piémontais, mais d’origine latine
port. mot directement emprunté au portugais, mais d’origine latine
prov. mot directement emprunté au provençal, mais d’origine latine

< alld. mot emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
< als. mot emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
< angl. mot emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
< ara. mot emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
< bre. mot emprunté au breton, mais d’origine latine
< celt. mot emprunté au celtique, mais d’origine latine
< esp. mot emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
< germ. mot emprunté au germanique, mais d’origine latine
< it. mot emprunté à l’italien, mais d’origine latine
< occ. mot emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
< piém. mot emprunté au piémontais, mais d’origine latine
< port. mot emprunté au portugais, mais d’origine latine
< prov. mot emprunté au provençal, mais d’origine latine
i.-e. indo-européen
arg. argot
arc. archaïque