La Chair des mots

FEUILLE

Poésie

Les feuilles qui gisaient dans le bois solitaire,
S’efforçant sous ses pas de s’élever de terre,
Couraient dans le jardin.

Victor Hugo, Les Rayons et les Ombres, Tristesse d’Olympio

Étymologie

Feuille < bas lat. folia (neut. plur. pris pour un fém. sing.) < lat. folium = la feuille

Domaines

La faune et la flore : caducifolié, caprifoliacée, cerfeuil (< it.), chèvrefeuille, défeuillaison, défeuiller, défoliant, effeuillage, effeuillaison, effeuillement, effeuiller, feuillage, feuillaison, feuillard, feuillée, feuiller, feuillu, foliacé, foliaire, foliation, foliole, la millefeuille, latifolié, mille-feuille (la), quadrifolié, quintefeuille, trèfle, tréflé, tréflière, trifolié, unifolié
Le corps : exfoliant, exfoliation, feuillantine, feuilletage, feuilleté, feuilleter, le millefeuille, mille-feuille (le)
L’habitat : feuillée, feuillure, quatre-feuilles
Le travail manuel : exfolier, feuillardier, feuillet, feuilleté, feuilleter, feuilletis, feuillette, folié, folio, foliotage, folioter, in-folio (lat.), interfolier, portefeuille
Les arts : roman-feuilleton
La communication : feuilleton, feuilletonesque, feuilletoniste, quintefeuille, roman-feuilleton, tiercefeuille
La physique : défoliant, défoliation, folique
L’armée : défoliation
Les loisirs : effeuilleuse

Commentaire

La feuille comme élément végétal est omniprésente dans la famille. Le cerfeuil, c’est étymologiquement une feuille qui réjouit. Le chèvrefeuille et le trèfle sont explicites. La mille-feuille est aussi appelée « achillée ». La quintefeuille est aussi appelée « potentille rampante ». Avec le quatre-feuilles, on quitte la végétation pour retrouver la feuille comme motif architectural. Par métaphore, la feuille est aussi du papier, représentée par feuilleter, le feuillet, le folio… Le feuilleton est d’abord un petit cahier, puis un espace, dans un journal, réservé à la parution d’un texte en plusieurs numéros du journal. C’était encore ainsi que paraissaient nombre de romans au XIXe siècle. Si effeuiller signifie arracher les feuilles d’un arbre, l’effeuilleuse est une strip-teaseuse, sauf en Suisse où le terme désigne une femme ou une jeune fille engagée pour épamprer la vigne...
La cuisine, quant à elle, se réserve le mille-feuille et la pâte feuilletée. Le feuillard est une branche de saule ou de châtaignier qui, fendue en deux, sert à faire des cercles de tonneaux. Le terme a aussi autrefois désigné « la ramée qui, séchée, servait de fourrage aux bestiaux pendant l’hiver ». (Gérard Boutet, La France en héritage, Perrin, 2007)
Il est possible que le terme feuillette, tonneau de capacité moyenne (114 à 136 litres), soit dérivé de feuillard. Il est aussi possible qu’il n’appartienne pas à cette famille de feuille... La feuillure, enfin, est un élément de construction relatif à la menuiserie.
Requiem pour un métier d’autrefois : le feuillardier était un « ouvrier forestier dont l’ouvrage consistait à tailler (…) les feuillards ». (même source)

Complément

Follicule, folliculine et folliculaire appartiennent à la famille d'enfler.

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Abréviations et conventions concernant la langue :

abr. abréviation
adj. adjectif
adv. adverbe
a. fr. ancien français
c.-à-d. c’est-à-dire
cf. confer
ex. exemple
fam. familier
fém. féminin
hyb. hybride
id. idem, pareillement
loc. locution
masc. masculin
neut. neutre
part. participe
p.-ê. peut-être
plur. pluriel
pop. populaire
préf. préfixe
prép. préposition
pron. pronom
rac. racine
sing. singulier
subst. substantif
suff. suffixe
vb verbe


Abréviations et conventions concernant le latin :

bas lat. bas latin (à partir du IIIe siècle de notre ère)
lat. latin classique
lat. ecclés. latin ecclésiastique (langue des auteurs chrétiens à partir de la fin de l’Empire)
lat. imp. latin impérial (à partir de la fin du 1er siècle de notre ère)
lat. méd. latin médiéval (à partir du VIIe siècle de notre ère, langue écrite)
lat. pop. latin populaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
lat. vulg. latin vulgaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
grom gallo-roman = latin parlé au Moyen Âge
lat. bot. latin des botanistes


Abréviations et conventions concernant les autres langues :

alld. mot directement emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
als. mot directement emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
angl. mot directement emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
ara. mot directement emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
bre. mot directement emprunté au breton, mais d’origine latine
celt. mot directement emprunté au celtique, mais d’origine latine
esp. mot directement emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
germ. mot directement emprunté au germanique, mais d’origine latine
it. mot directement emprunté à l’italien, mais d’origine latine
occ. mot directement emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
piém. mot directement emprunté au piémontais, mais d’origine latine
port. mot directement emprunté au portugais, mais d’origine latine
prov. mot directement emprunté au provençal, mais d’origine latine

< alld. mot emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
< als. mot emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
< angl. mot emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
< ara. mot emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
< bre. mot emprunté au breton, mais d’origine latine
< celt. mot emprunté au celtique, mais d’origine latine
< esp. mot emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
< germ. mot emprunté au germanique, mais d’origine latine
< it. mot emprunté à l’italien, mais d’origine latine
< occ. mot emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
< piém. mot emprunté au piémontais, mais d’origine latine
< port. mot emprunté au portugais, mais d’origine latine
< prov. mot emprunté au provençal, mais d’origine latine
i.-e. indo-européen
arg. argot
arc. archaïque