La Chair des mots

Introduction

"Aimer les mots. Aimer un mot.
 Le répéter, s’en gargariser.
 Comme un peintre aime une ligne, une forme, une couleur.
 (TRES IMPORTANT.)"
Max Jacob, Conseils à un jeune poète  

Les vertiges de l’étymologie

Étymologiquement parlant, l’étymologie est la science du vrai. C’est un éclairage sur la signification des mots à travers une étude de leur formation et de leur histoire. S’il est vrai que pour bon nombre de mots il n’y a pas contestation sur leur origine et leur histoire, il n’empêche que l’origine de certains mots fait l’objet de discussions, suscite des débats. On n’hésitera pas, dans ce site, tantôt à préférer telle explication à telle autre, tantôt aussi à évoquer les diverses hypothèses plausibles déjà émises, sans prendre parti pour l’une d’elles. L’objet essentiel du site, en effet, est ailleurs.

Prenons quelques exemples

Pour commencer, prenons quelques exemples qui vont nous permettre de préciser notre objectif.

D’où vient tout d’abord notre verbe "lire" ? N’importe quel dictionnaire étymologique le dit : du verbe latin "legere" (1) . D’où vient le verbe "agir" ? Du verbe latin "agere". Et notre pronom indéfini "on" ? Du substantif latin "hominem", forme que prend le mot "homo", c’est-à-dire l’être humain, dans la plupart de ses fonctions grammaticales. Et le mot "ville" ? Et le mot "village" ? Et tous les autres ?

Une première question se pose : comment le latin "legere" peut-il devenir "lire" en français, "agere" agir et surtout "hominem" "on" ? C’est l’objet des ouvrages de phonétique. Les règles sont plus ou moins complexes. En tout cas, ce n’est pas l’objet de ce site !

Une seconde question se pose : d’où "legere" vient-il ? Le verbe n’est pas apparu ex nihilo un beau jour de calendes grecques sur le forum romain ! Un début de réponse nous est fourni par le grec "légéin" (2) . La parenté des deux langues n’est plus à démontrer même si environ quatre siècles séparent l’époque dite classique de chacune d’elles.

Le rapprochement avec le grec est néanmoins intrigant puisque "légéin" signifie en grec "dire" mais pas "lire". Quel pont proposer entre "dire" et "lire" ? Le lien avec la parole est manifeste, mais insuffisant. Le véritable pont, c’est la notion de tri, de choix. Les indo-européens devaient passer beaucoup de temps à collecter, cueillir des plantes (du blé par exemple), en sélectionnant les épis mûrs et les plantes médicinales au milieu des "mauvaises herbes". Ils cueillaient des fruits (mûrs, comestibles), en laissant de côté les fruits immatures et non comestibles. Bref, ils opéraient des choix, une "sélection". Qu’est-ce que "dire" ? En simplifiant, c’est choisir le ou les mots appropriés dans le stock de mots dont on dispose, c’est organiser cette succession de mots en une structure (la phrase, le discours) compréhensible par l’interlocuteur. Qu’est-ce que "lire" ? Une fois encore, c’est sélectionner dans un texte, en silence ou à haute voix, des séquences (syllabes, mots, groupes de mots) en les liant entre elles pour leur donner du sens. Ce sens primitif a-t-il disparu en français aujourd’hui ? Pas tout à fait, puisque c’est lui qu’on retrouve dans le mot "élection" (et dans tous les termes apparentés à ce substantif). "Elire", c’est choisir. Dans des termes comme "sélection" et "collection", le radical "-lect-" appartient justement à la racine indo-européenne qui a donné "légéin" et "legere". De quoi nous rendre plus proches de nos ancêtres indo-européens d’il y a 8 ou 9 000 ans, Anatoliens compris !

Il était une fois l’indo-européen…

Il était une fois, il y a quelque 8 ou 9 000 ans, un groupe d’humains qui n’écrivaient pas mais parlaient... Leur vaste territoire s’étendait des confins de l’Inde à l’Europe de l’Est. Ils étaient originaires des steppes situées au Nord-Est de la mer noire ou peut-être d’Anatolie (partie occidentale de la Turquie actuelle), et, en bons guerriers qu’ils étaient, s’étaient étendus en Europe orientale, puis centrale et en Asie occidentale. Leurs descendants ont progressivement colonisé une grande partie de l’Europe. Il y eut alors dans cette diaspora des phénomènes d’acculturation, sans doute rarement pacifique, entre ces envahisseurs et les peuples autochtones. Par exemple, l’indo-européen primitif a évolué vers l’indo-iranien, puis l’iranien, puis le vieux perse, tandis qu’une autre branche de l’indo-européen primitif a évolué vers l’italique puis le latin. Ce sont probablement la sédentarisation et la présence de barrières naturelles comme une mer, un grand lac, un fleuve ou une chaîne de montagnes qui ont fait évoluer la langue originelle vers des formes de plus en plus distinctes les unes des autres. L’Histoire a permis à ces peuples de coloniser à leur tour d’autres contrées, renouvelant le phénomène d’acculturation. C’est ainsi que le latin a donné naissance à l’espagnol, à l’italien, au français, etc. C’est ainsi que les Amériques parlent aujourd’hui surtout anglais, espagnol et portugais. C’est ainsi qu’aujourd’hui environ 2.5 milliards d’individus de par le monde parlent environ 150 langues issues en deux à quatre ou cinq étapes de l’indo-européen, sans oublier tous les emprunts effectués par chaque langue à d’autres langues issues ou non de l’indo-européen.
On trouvera sur le WEB, en particulier à l’entrée WIKIPEDIA, toutes informations utiles et complémentaires sur les interdépendances et liens de parenté divers des différentes langues, éteintes ou vivantes, issues de l’indo-européen.

Ainsi donc nos lointains ancêtres indo-européens étaient-ils avant tout des agriculteurs, des cueilleurs, des chasseurs et des soldats. Les termes qui renvoient à ce fonds linguistique sont logiquement les plus anciens dans les langues indo-européennes, avec le vocabulaire de la religion, de la maison, du corps, du temps qu’il fait ou qui passe. Et contrairement au grec qui est la langue par excellence de l’expression artistique, de la réflexion abstraite, philosophique, du voyage, de la mer, le fonds linguistique latin est resté très proche de celui des indo-européens.

Le deuxième exemple proposé était le verbe "agir". Ici encore, à côté du latin "agere", il existe le grec "agéin" (2) , avec le même sens qu’en latin. La signification originelle est, elle aussi, rurale et concrète : il s’agit de "faire bouger", de "pousser devant soi" (un animal isolé ou un troupeau par exemple). On la retrouve dans "agiter", voire dans "cogiter", c’est-à-dire "faire bouger", au moins virtuellement, ses neurones.

On a gagné !

Dans le troisième exemple, rapprocher "on" du latin "hominem" (l’être humain) met en évidence le fait que l’emploi de ce pronom désigne n’importe quel être humain, avec un certain mépris parfois quand il s’agit de ne pas désigner l’autre par son nom, sans aucun mépris quand "on" replace "je" ou "nous" ("On a gagné !"). Plus intéressant encore, ce terme latin "hominem" appartient à la même famille que "humus" qui désigne le sol, la terre, la glèbe… Un constat s’impose, même sous une apparence de pléonasme : les hommes sont des humains, c’est-à-dire des terriens, comme l’étaient déjà nos ancêtres indo-européens, juste un peu plus ruraux et agrestes que nous… D’où peut-être ce désir toujours plus violent aujourd’hui de compenser le mode de vie citadin, "hors-sol", qui par une plante en pot ou un pied de tomate sur son balcon, qui par des achats de fruits et de légumes directement chez le producteur, qui par des balades dominicales à la campagne, qui par une recherche généalogique de ses ancêtres, plus souvent ruraux que "bourgeois" (c’est-à-dire habitants du bourg), plus souvent indo-européens ou descendants des ancêtres des indo-européens que "Français de souche" depuis plusieurs siècles, ce qui, au demeurant, n’a aucun sens historique…

Il était une fois, le langage…

Si l’écriture et la parole étaient concomitantes, nous ne remonterions qu’à 6 000 ans, à hier donc, ce qui est contraire à toute vérité scientifique. L’homo sapiens sapiens (homme moderne) semble bien né en Afrique, dans plusieurs foyers, il y a environ 200 000 ans. Sa diaspora vers l’Asie et l’Europe, c’est-à-dire vers le foyer de l’indo-européen, daterait de 100 000 ans. Et assurément il parlait ! Et avant lui, l’homo erectus (1 million d’années à 0.3 million d’années) parlait-il ? Oui ! Et avant lui, l’homo ergaster (1.8 million d’années à 1 million d’années) parlait-il ? Oui ! Et avant lui, l’homo habilis (2.5 millions d’années à 1.8 million d’années) parlait-il ? Sans doute… Et les australopithèques ? Et Lucy (il y a 3.2 millions d’années) ? Et Toumaï (il y a 7 millions d’années) ? Ces questions existentielles posent le problème de l’hominisation : si, comme probable, elle est apparue simultanément en plusieurs foyers africains, un protolangage a toutes les chances d’être lui aussi apparu parallèlement en autant de foyers, plus ou moins simultanément, avec des spécificités liées au mode de vie, à l’habitat, à l’environnement, etc. Plus riches que de simples cris (communs avec beaucoup d’animaux et suffisants pour exprimer des sensations), ces protolangages qui nous restent à tout jamais inconnaissables semblent bien exclure l’idée d’une langue mère unique d’où seraient issues toutes les autres. Ces protolangages étaient alors la marque d’une réelle communication entre individus, à l’occasion de scènes de chasse en commun par exemple. Les "mots" prononcés devaient sans doute s’accompagner de gestes et de diverses formes d’intonation pour devenir message compréhensible. (3)

Quant aux mots "ville" et "village", ils ont la même origine latine, le mot "villa", qu’on retrouve tel quel en français, mais qui signifie en latin "la ferme", ou du moins un ensemble architectural important comprenant la maison du maître, qui y vient parfois en villégiature ou en tournée d’inspection, les bâtiments typiquement destinés à l’agriculture et de quoi loger, dans un confort très relatif, des dizaines ou plus souvent des centaines d’esclaves… Il a suffi d’ajouter quelques bâtiments pour que la "villa" devienne "village", et quelques centaines ou milliers d’autres pour que le village devienne "ville". Quelqu’un qui habite aujourd’hui en haut d’une tour dans une mégapole habite donc dans une ville, c’est-à-dire dans un village, autrement dit dans une ferme… D’où les terrasses végétalisées et les murs végétaux chers à Patrick Blanc.

L’objet du présent site

  En résumé, l’objet du présent site n’est pas de proposer une nouvelle étude du passage du latin au français d’un point de vue phonétique, ni de mettre en perspective les langues qui ont été parlées ailleurs sur la planète en même temps que l’indo-européen, voire avant l’indo-européen, donc de remonter à une sorte de big-bang de la parole humaine, même si ces questions sont passionnantes, même si tout linguiste amateur ou professionnel se désespère d’ignorer à tout jamais quels mots d’amour susurrait Lucy à son Roméo, il y a 3.2 millions d’années…

Il était une fois, la communication…

Plus passionnant encore : comme le rapporte Jean-Claude Ameisen, des scientifiques éclairés font reculer cette zone floue d’un début de langage en la déconnectant de l’espèce humaine, en attribuant à certaines espèces animales cette capacité d’échanges verbalisés. C’est ainsi que des primates comme les vervets (appelés aussi singes verts) disposent de trois mots pour signaler à leurs congénères la présence d’un danger représenté par un serpent, un aigle ou un léopard. Les cris qu’ils poussent peuvent être, selon Darwin, une imitation des cris ou bruits émis par leurs prédateurs, mais ils dépassent le stade de la manifestation de la peur et constituent des alertes destinées à leurs congénères. Il s’agit donc bien d’un acte de communication, donc d’un langage. D’autres primates, les cercopithèques Hocheurs, appelés aussi pains à cacheter, sont capables, à partir de deux radicaux, répétés ou non, d’échanger entre eux des informations sur la présence d’un prédateur, en précisant quel prédateur, la nécessité de se rassembler, etc. D’autres cercopithèques, les cercopithèques appelés Mone de Campbell, disposent de quatre radicaux dont deux sont susceptibles de recevoir un suffixe, donc de six mots. Ils sont capables, à partir de la combinaison de ces mots, de leur éventuelle répétition, d’échanger entre eux de nombreuses informations sur la présence d’un prédateur, sa localisation, la nécessité de se rassembler, de s’arrêter, l’authenticité avérée ou supposée de l’information. Leur langage est même évolutif puisque des individus en captivité ont inventé un nouveau mot pour signaler l’arrivée dans leur environnement d’un être humain. Si le langage de certains animaux nous est inconnaissable, comme celui du tarsier des Philippines, c’est qu’il s’exprime en utilisant une fréquence 70 000 Hertz, alors que nous ne percevons pas les sons émis à une fréquence supérieure à 20 000 Hertz. (cf. Jean-Claude Ameisen, Sur les épaules de Darwin, Retrouver l’aube, LLL, 2014, pages 251-255)

La méthodologie retenue

Au terme de cette mise en perspective, l’objet du présent site commence à mieux se dessiner. Il s’agit de combler un vide, de proposer au plus grand nombre, sans recours excessif à des termes trop savants, trop techniques, une nouvelle vision de la langue française usuelle contemporaine, du moins des 60 ou 65% hérités du latin, en rendant à ces mots, même les plus abstraits et les plus coupés de leur sens premier, leur ancrage dans le concret et le passé le plus lointain, en leur conférant une existence, en un mot de la chair, et pourquoi pas de la poésie.
La stratégie retenue est de réunir ce qui est plus ou moins éparpillé dans les dictionnaires étymologiques habituels, en proposant une structure en grandes familles, voire en très grandes familles, même si parfois aussi des familles réduites ou minuscules présentent un réel intérêt. Chaque mot est donc visuellement intégré dans une famille à travers le domaine qu’il enrichit dans cette famille : les groupes humains, le corps, l’habitat, le travail manuel, etc. Les commentaires, volontairement synthétiques, ont pour principal objectif de mettre en évidence l’évolution sémantique de la racine, en partant du sens premier de cette racine en indo-européen ou en latin, et en s’arrêtant au sens moderne de la racine en français, c'est-à-dire presque toujours en passant du concret à l'abstrait.

Le latin aux multiples facettes

Des mots hérités du latin, oui, mais comment et surtout de quel latin ?
Pour les puristes, le français tire l’essentiel de son vocabulaire du latin classique. Pour simplifier, nous avons hérité du latin parlé et écrit par Cicéron, à travers un processus d’évolution dont rendent compte la linguistique et la phonétique. Pour un certain nombre de termes du vocabulaire courant français, comme "lire", "agir", "consul", "paix", etc., c’est exact. Pour beaucoup d’autres termes, c’est discutable ou franchement erroné.

La France ne s’appelle plus la Gaule !

Beaucoup de mots grecs nous sont aussi parvenus via le latin, que ces mots aient été sentis comme latins ou "étrangers" par leurs utilisateurs dès l’antiquité. Et surtout, le français s’est souvent construit sur une langue latine véhiculée par des gens qui n’avaient sans doute jamais lu Cicéron, à savoir les soldats romains depuis César, puis les colons. L’acculturation a abouti au gallo-roman à partir d’un latin qui aurait sans doute fait hurler à la mort Cicéron ou Virgile ! Ce latin d’exportation n’est pas sans rappeler ce qu’est l’anglais international aujourd’hui. Mêlé au gaulois, il devait être proche, selon la formule d’Alain Rey, d’une sorte de créole, sans que ce terme soit employé dans une perspective dépréciative. Le français moderne lui doit beaucoup. De plus, au Ve siècle, la Gaule tomba aux mains des chefs de tribus germaniques, et tout particulièrement franciques. (4) Ce n’est pas pour rien que la France ne s’appelle plus la Gaule ! Des mots de ces langues furent empruntés directement et francisés, sans latinisation tardive, souvent aux XIe et XIIe siècles. On peut citer comme exemples "la boue", "le bourg", "marcher", "flatter", "gagner", "garder", etc. D’autres furent romanisés par les gallo-romans avant d’évoluer vers l’ancien français, comme "brouter", "brouiller", "bannir", "hardi", "le bois". Ce sont les emprunts les plus tardifs. Devraient-ils être exclus de l’appellation de mots latins ?
De même, le latin est resté en France la langue officielle de l’enseignement bien au-delà de la fin du Moyen-Âge. Des mots latins ont continué à être créés, par pure invention parfois, comme "furax" ou "grosso modo", ou plus souvent par latinisation de mots grecs, comme le "radium", le "sélénium", ou par dérivation, comme le "delphinium", le "silicium", l’"iridium" (5) , ou par nominalisation d’un adverbe, comme "tandem" ou d’un verbe, comme "accessit" ou "déficit". Devraient-ils eux aussi être exclus de l’appellation de mots latins ?

Une pizza sur le brasero

Au XVIe siècle surtout, l’italien a quant à lui fourni un contingent important de mots au français, notamment dans le domaine militaire et ceux des arts plastiques et de la musique. On peut citer, parmi des dizaines d’autres, les mots "alarme", "escale", "sentinelle", "bandit", "bagatelle", "sérénade" qui ont été francisés, alors que "bravo", "imbroglio", "spaghetti", "expresso", "tombola" ou "lamento" sont passés tels quels dans la langue, en étant de moins en moins considérés comme des mots étrangers.
Leur origine presque toujours latine en fait une autre catégorie de mots issus du latin, même indirectement. Le phénomène s’est produit aussi à partir de l’espagnol. On peut citer les mots "vanille", "mirador", "embargo", "brasero", "lasso", "féria", etc.
Le même phénomène se retrouve à propos de l’anglais dont une part non négligeable est issue du latin, directement ou à partir du français, via les conquérants normands qui parlaient l’ancien français. Il est donc fréquent de rencontrer dans le français moderne des anglicismes, comme les mots "toast", "flirter" ou "tennis", qui sont en réalité, historiquement parlant, des latinismes. (6)
Dans une perspective qui revendique son refus de toute normativité, on considérera donc dans ce site un mot employé couramment en français comme d’origine latine dès lors qu’à une étape de sa formation il a correspondu à un terme latin. Il s’agit donc aussi bien de termes empruntés au latin classique qu’au latin traduit du grec ou de toute autre langue, au latin savant qu’au latin populaire, au latin impérial qu’au gallo-roman ou au latin médiéval, voire moderne. Sera aussi considéré comme d’origine latine tout terme couramment utilisé en français et emprunté à une langue autre que le latin, mais ayant dans cette langue hérité d’un emprunt au latin.
La distinction entre un emprunt direct au grec et un emprunt au grec via le latin est néanmoins quelque peu arbitraire parfois. Concernant les suffixes complexes d’origine grecque, comme -gène, -genèse, -métrie, -mètre, -métrique, -nome, -nomie, -nomique, -logie, -logue et -logique, si les termes qui les intègrent offrent un radical principal lat., ces termes sont alors définis comme hybrides. C’est par ex. le cas dans fumigène, altimètre, futurologue, etc. Si les termes qui les intègrent offrent un radical principal lui-même d’origine grecque, ces termes sont alors définis comme d’origine grecque et introduits en français via le latin le plus souvent. C’est par ex. le cas dans dosimètre, océanologue, gazogène, astronomie, etc.

La glasnost et la perestroïka

De plus, beaucoup de termes couramment employés aujourd’hui en français viennent de toutes sortes de langues qui n’ont rien à voir avec le latin, ni même assez souvent avec une langue indo-européenne. Pour s’en rendre compte, on se reportera par exemple à l’ouvrage d’Henriette Walter, L’Aventure des mots français venus d’ailleurs, éditions Robert Laffont, 1997, ou à celui d’Alain Rey et Lassaâd Métoui, Le Voyage des mots : de l’Orient arabe et persan vers la langue française, éditions Guy Trédaniel, 2013. Henriette Walter se garde bien de parler de mots étrangers : les mots qui vivent en France peuvent avoir des racines latines, gauloises, européennes, indo-européennes ou non. Certains ont une parentèle française, d’autres ont été naturalisés plus ou moins récemment, d’autres sont en passe de l’être, ou sont régularisés ou aspirent à l’être… Ils participent tous à la richesse et à l’enrichissement de la langue française. Même ceux dont le séjour en France n’excède guère la durée d’un visa touristique. Qui se souvient par exemple de la glasnost et de la perestroïka russes des années Gorbatchev ? "Les mots, dit de son côté Alain Rey dans l’ouvrage évoqué ci-dessus, comme les êtres et les groupes humains, voyagent, se déplacent, émigrent et immigrent, avec des fortunes diverses." "Cependant, les mots, poursuit Alain Rey, ne sont pas des vivants ; ils peuvent s’effacer, mais non pas mourir." (7) (7)
La destinée des mots est ainsi perçue comme identique à celle des êtres vivants, tout simplement parce que les mots sont eux aussi des êtres vivants. Mallarmé considérait les consonnes comme le squelette des mots, et les voyelles comme leur chair. Les mots ont des ascendants dont ils dérivent. Ils ont des descendants forgés sur leur radical, sur leur racine, autant dire leur génome. Les mots écrits sont alors les squelettes des mots prononcés. Si donc les dictionnaires sont des cimetières, les mots ont l’avantage d’y perdurer sans altération, sans destruction, sans disparition.

Le français pure souche

Ce refus d’être normatif amène tout naturellement à s’interroger sur l’existence même d’une langue qui serait le français moderne considéré comme une entité. La notion d’identité nationale française étayée sur la langue a-t-elle un sens ? En se limitant au domaine de l’alimentation, le mot "pizza" est-il français ? Non, si on considère qu’il est emprunté à l’italien. Oui, si l’on considère qu’il est passé dans le langage français compréhensible par tout un chacun. Il en va de même avec d’autres mots, comme l’espagnol "paella", l’anglais "sandwich", le vietnamien "nem", l’arabe "couscous", le polonais "baba", le tupi (langue du Brésil) "ananas", le russe "blinis", etc. Si la langue est l’outil utilisé par un ensemble d’individus pour communiquer et s’exprimer artistiquement, scientifiquement, etc., tous ces mots sont, ou du moins sont devenus français. Et même en laissant de côté tous ces mots intégrés depuis moins d’un siècle, la réponse reste la même quand on prend en considération la langue du XIXe siècle, ou celle du XVIIIe siècle, ou même la langue de Racine au XVIIe siècle.

Le droit du sol contre le droit du sang…

Un exercice intéressant consiste à ouvrir presque (!) au hasard un dictionnaire et à regarder une succession de termes. L’exemple qui suit est tiré des pages 52 et 53 du Dictionnaire étymologique de Jean Mathieu-Rosay, aux éditions Marabout (seules les informations utiles à la démonstration sont reproduites) :

Balourd

: XVIe s. : de l’italien balordo

Balsa

: XVIIIe s. : mot espagnol désignant un bois d’Amérique

Balsamier

: XVIIIe s. : du latin balsamum (baume)

Baluchon

: XIXe s. : voir Balle. Balle : XIIIe s. : du francique

Balustre

: XVIe s. : du grec

Balzan

: XIIIe s. : de l’italien

Bambin

: XVIe s. : de l’italien

Bamboche

: XVIIe s. : de l’italien

Bambou

: XVIIe s. : du portugais bambu qui pourrait provenir du malais

Bambula

: XVIIIe s. : du bantou

Ban

: XIIe s. : du francique, comme banal, banalité, banaliser…

Banane

: XVIe s. : du portugais banana d’après un nom guinéen

Banc

: XIe s. : du francique

Bancal

: XVIIIe s. : du néerlandais bankaard (enfant illégitime…)

Banco

: XVIIIe s. : de l’italien

Bande

: XIVe s. : au sens de troupe : du gotique

Bande

: XIXe s. : au sens de troupe : du gothique

Bande

: XVIIe s. : terme de marine : du provençal banda qui a la même origine que le précédent

Banderille

: XIXe s. : de l’espagnol

Banderolle

: XVIe s. : de l’italien

Bandit

: XVIIe s. : de l’italien (le banni, le "hors la loi")

Bandoulière

: XVIe s. de l’espagnol

Banjo

: XIXe s. : de l’anglo-américain

Banlieue

: voir Ban [espace d’une lieue autour du ban]

Banne

: XIIIe s. : d’une racine celtique ben (voiture) d’où provient le gaulois benna

Sur ces 25 entrées consécutives dans l’ouvrage cité, pas une seule ne provient du latin classique. Même le mot "lieue", dans "banlieue", qui est certes tiré du latin leuca, est lui-même emprunté au gaulois via le gallo-roman.
Ces 25 entrées sont-elles du français ? Si le français n’est constitué que par des mots issus du latin classique, auquel on peut, pour faire bonne figure, rajouter le grec, et pourquoi pas le gallo-roman, ils ne le sont pas, même à la quatrième ou vingtième ou quarantième génération ! Cette posture est-elle tenable ?
On peut raisonnablement considérer que les 25 mots de l’exemple ci-dessus sont français, et préférer, pour les mots comme pour les gens, le droit du sol au droit du sang.
Henriette Walter, dans l’ouvrage déjà cité, sans parler d’un droit du sol pour les mots, parle néanmoins du moment où un mot étranger a été "adopté" (page 29). L’image anthropologique est belle. L’auteur s’interroge même sur la latinité de certains termes latins, comme par exemple le plus connu des mots latins : le mot "rosa" (la rose) : "Vient-il d’une langue sémitique ? Peut-être est-il ensuite passé par l’étrusque ? L’hypothèse est plausible." (page 31) Dès le préambule, page 9, elle précise : "Ce que l’on oublie très souvent, c’est que le latin n’est pas l’unique source de la langue française, où l’on trouve par milliers des mots venus d’ailleurs." On citera pour finir le titre de son chapitre 16 : "On a souvent besoin d’un étranger chez soi." Il s’agit de mots, bien entendu…

Le programme Erasmus a 2000 ans !

Au terme de cette mise en perspective, l’objectif du présent site peut se résumer en quelques phrases. D’abord, ne pas oublier que le latin, à travers les conquêtes militaires, avant de devenir la composante la plus importante du français moderne, a été une langue étrangère en Gaule puis, donc, en France. Ne pas oublier non plus que dans ce pays historiquement métissé, la notion de langue française de référence est une chimère, voire une absurdité, c’est-à-dire, étymologiquement parlant, quelque chose qui rend sourd…
Ensuite, il s’agit de montrer comment le latin, dans l’acception la plus large du terme, qui rend compte de 60 à 65% de notre vocabulaire, a structuré notre langue, lui a donné les outils qui lui permettent de s’enrichir en intégrant, en francisant, en assimilant toutes sortes de termes issus de toutes sortes de langues, indo-européennes ou non, et à toutes les époques de son histoire. C’est ainsi que le "beefsteak" est devenu "bifteck", le "mail" "mèl", le "sifr" de l’arabe "zéro" et "chiffre", etc.
C’est finalement revenir à la définition que le dictionnaire grec – français Bailly donne du mot "étumologia" (3) : "sens véritable ou primitif d’un mot", avec la conjonction "ou" susceptible d’être traduite ici par "autrement dit".

(1)

Pour simplifier, les "e" se prononcent "é" en latin, sauf devant "s" et "t" où ils se prononcent "è".

(2)

"Légéin" se prononce "lé-gé-ine", "agein" "a-gué-ine", et "étumologia" "é-tu-mo-lo-gui-a". Pour une lecture plus aisée, les caractères grecs n’ont pas été reproduits dans ce site.

(3)

Ces considérations s’inspirent largement du numéro Hors série 256, de septembre 2011, de la revue Science et Vie.

(4)

Voir chez Henriette Walter, L’Aventure des mots français venus d’ailleurs, éditions Robert Laffont, 1997, pages 85 – 86, une présentation des différentes populations germaniques (Wisigoths, Burgondes, Alamans et Francs), et des langues germaniques que nous leur devons.

(5)

Voir chez Henriette Walter, L’Aventure des mots français venus d’ailleurs, éditions Robert Laffont, 1997, pages 61-64, la "petite histoire des 64 éléments chimiques en –ium".

(6)

Qu’on nous permette de citer un extrait de Trésors des racines latines, de Jean Bouffartigue et Anne-Marie Delrieu, page 239, intitulé Le latin de seconde main : "Les mots latins passés en français ne sont pas tous arrivés directement dans notre langue. Certains se sont d’abord faits italiens, espagnols, ou sont passés par les langues d’oc. Plus tard, les Français importèrent ces mots en même temps que les objets et les usages qu’ils désignaient.
(…) Avec l’anglais, précisément, se produit un phénomène curieux. Le latin des occupants romains n’a laissé dans la langue anglaise qu’un très petit nombre de mots. En revanche, les conquérants normands y ont introduit en quantité considérable les mots de la langue qu’ils parlaient, c’est-à-dire l’ancien français, dont le vocabulaire était en majeure partie d’origine latine. Cette importation massive de vocables d’ancien français se poursuivit notamment pendant la période où le royaume d’Angleterre comptait plus de terres en France que dans les îles britanniques. Quelques siècles plus tard, l’anglais nous restitua quelques-uns de ces emprunts, et nous devons lui savoir gré d’avoir joué le rôle de conservatoire de notre ancienne langue."

(7)

On se permettra de nuancer quelque peu la formule : en dehors même de toute perspective métaphysique ou religieuse, les êtres vivants, après leur décès, survivent à travers le souvenir des générations suivantes, à travers leurs écrits, leurs traces (un arbre, une maison…), à travers les épitaphes, à travers les génomes que les descendants partagent avec leurs ascendants, et dont ils s’enrichissent. Épicure pensait que le vivant, pas uniquement les êtres humains, était éternel de par sa constitution atomique (faite d’atomes indestructibles), qui se désagrège au moment de la mort et se recombine aléatoirement pour former ensuite d’autres formes du vivant…

Structure de l’ouvrage

Le corps du site propose une étude, famille par famille, regroupant quelque 1 700 entrées. Chaque famille se compose d’un titre (le mot-clef servant d’entrée), d’une illustration poétique (le cas échéant), d’une indication sur l’étymologie du mot-clef, d’un listage des différents termes composant la famille, regroupés par domaines, d’une étude synthétique de la famille, privilégiant l’évolution historique du sens du radical, et enfin de remarques complémentaires (le cas échéant).

L'accès à ces familles s'effectue via un module d'interrogation où l'utilisateur du dictionnaire choisit de consulter la liste des familles (il suffit alors de sélectionner une famille dans le tableau proposé), ou bien clique sur la première lettre du mot dont il cherche l'étymologie, puis, la plupart du temps, sur la section dans laquelle figure le mot, par exemple, pour la lettre "a", la section "ab-", ou "ac-", etc.
S'ouvre alors une fenêtre qui liste l'ensemble des termes figurant dans la section choisie parmi les quelque 34 000 mots retenus dans le site.

Si le mot dont on recherche l'étymologie n'apparaît pas dans les colonnes de gauche, c'est - sauf oubli - qu'il ne vient pas du latin, ou qu'il s'agit d'un terme très rare ou très technique non retenu.
Sinon, le terme recherché est associé dans la colonne de droite au terme qui a été choisi comme "entrée" pour l'ensemble de la famille. Par exemple, le mot "panier" renvoie à "pain". Il suffit alors de cliquer sur le terme "pain" pour ouvrir la page de cette famille et la consulter.
Si l'on recherche l'étymologie du mot "pain", ce terme renvoie au même mot écrit en majuscules.
Si le mot recherché est un mot composé, il renvoie aux différentes familles qui le composent. Par exemple, "pacifier" renvoie à "faire" et à "paix".

Pour un plus grand confort de lecture, il est possible d'adapter la taille des caractères affichés en appuyant sur la touche "Ctrl" du clavier et en actionnant simultanément la molette de la souris.

Dans chaque famille, les mots ont été regroupés autour de domaines définis à partir d’une simplification des classifications habituelles des bibliothécaires. Les titres de ces domaines sont les mêmes pour toutes les familles, mais chaque famille n’est illustrée que par un nombre souvent réduit de domaines.

Vingt et un domaines ont été retenus :

titre sous-titres et domaines annexes

les groupes humains

la famille, les amis, les relations, les peuples, les nations
le corps la physiologie, l’alimentation, les cinq sens, les sensations, l’aspect extérieur, les vêtements, les bijoux, les tissus
l’habitat la maison, les pièces de la maison, les éléments de construction, tout élément architectural
le travail manuel les métiers, les outils et les lieux de production
le travail intellectuel l’enseignement, la philosophie, la mathématique, la logique
la faune et la flore
les quatre éléments l’eau, la terre, l’air et le feu, le ciel, les astres, les métaux, les matériaux, la météorologie
les loisirs les jeux, les sports, la chasse, la pêche
les arts la culture, la musique, la peinture, la danse, la littérature, l’orfèvrerie
l’économie l’argent, le commerce, la banque, les impôts, les jeux d’argent, la finance
la médecine la santé, la psychanalyse
la justice le droit, la loi, les arbitrages, les sanctions, la responsabilité, l’assurance
la spatialité la géographie, le positionnement relatif, les grandeurs, les déplacements
la temporalité le temps qui passe, les âges de la vie, la mort, la chronologie, l’Histoire
la politique l’organisation de la société, les classes sociales, la police, le mode de vie, les autorités
les sentiments la vie affective, le caractère, la morale, les conflits personnels, le comportement
la spiritualité la religion, les croyances, la foi, le divin, la métaphysique, le surnaturel, la magie, la chance, le hasard, l’astrologie, le destin, le hasard
la physique la chimie, les couleurs, la lumière
la communication le langage, la publicité, les images, la grammaire, toute production non artistique, l’héraldique
l’armée la guerre, les combats, la colonisation
divers dont les prénoms et les noms

Abréviations et conventions

  Abréviations et conventions concernant la langue :

abr. abréviation
adj. adjectif
adv. adverbe
a. fr. ancien français
c.-à-d. c’est-à-dire
cf. confer
ex. exemple
fam. familier
fém. féminin
hyb. hybride
id. idem, pareillement
loc. locution
masc. masculin
neut. neutre
part. participe
p.-ê. peut-être
plur. pluriel
pop. populaire
préf. préfixe
prép. préposition
pron. pronom
rac. racine
sing. singulier
subst. substantif
suff. suffixe
vb verbe

 
Abréviations et conventions concernant le latin :

bas lat. bas latin (à partir du IIIe siècle de notre ère)
lat. latin classique
lat. ecclés. latin ecclésiastique (langue des auteurs chrétiens à partir de la fin de l’Empire)
lat. imp. latin impérial (à partir de la fin du 1er siècle de notre ère)
lat. méd. latin médiéval (à partir du VIIe siècle de notre ère, langue écrite)
lat. pop. latin populaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
lat. vulg. latin vulgaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
grom gallo-roman = latin parlé au Moyen Âge
lat. bot. latin des botanistes

 
Abréviations et conventions concernant les autres langues :

alld. mot directement emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
als. mot directement emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
angl. mot directement emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
ara. mot directement emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
bre. mot directement emprunté au breton, mais d’origine latine
celt. mot directement emprunté au celtique, mais d’origine latine
esp. mot directement emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
germ. mot directement emprunté au germanique, mais d’origine latine
it. mot directement emprunté à l’italien, mais d’origine latine
occ. mot directement emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
piém. mot directement emprunté au piémontais, mais d’origine latine
port. mot directement emprunté au portugais, mais d’origine latine
prov. mot directement emprunté au provençal, mais d’origine latine

 

< alld. mot emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
< als. mot emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
< angl. mot emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
< ara. mot emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
< bre. mot emprunté au breton, mais d’origine latine
< celt. mot emprunté au celtique, mais d’origine latine
< esp. mot emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
< germ. mot emprunté au germanique, mais d’origine latine
< it. mot emprunté à l’italien, mais d’origine latine
< occ. mot emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
< piém. mot emprunté au piémontais, mais d’origine latine
< port. mot emprunté au portugais, mais d’origine latine
< prov. mot emprunté au provençal, mais d’origine latine
i.-e. indo-européen
arg. argot
arc. archaïque

 
Convention : un mot est considéré comme latin même si l’accentuation française lui a été appliquée.

 
(1) Les expressions latin vulgaire et latin populaire sont souvent utilisées concurremment. Il s’agit de la dimension linguistique d’un processus global d’acculturation concernant l’ensemble des territoires englobés dans l’Empire romain. Les dialectes vernaculaires ont été progressivement latinisés. Ces dialectes, se dissociant de plus en plus, ont fini par devenir progressivement les langues romanes. La période concernée s’est étendue du IIIe au IXe siècles. Jusqu’au milieu du XIVe siècle, la langue parlée dans la France de l’époque est appelée l’ancien français. Du milieu du XIVe siècle à la fin du XVIe siècle, on parle du moyen français, et depuis 1600 du français moderne.

Bibliographie sommaire

Bailly, A. Dictionnaire grec-français. Hachette. Paris. (1950). Rééd. 1952
Gaffiot, F. Dictionnaire illustré latin-français. Hachette. Paris. (1934). Rééd. 1963
Ernout, A. et Meillet, A. Dictionnaire étymologique de la langue latine. Klincksieck. Paris. (1967). Rééd. 2001
Bouffartigue, J. et Delrieu, A.-M. Trésors des racines latines. Librairie Classique Eugène Belin : Le français retrouvé. Paris. (1981)
Petit Larousse illustré. Librairie Larousse. Paris. Éd. 2006
Robert, P. Nouveau Petit Robert. Dictionnaires Le Robert. Paris. Éd. 1995
Greimas, A.-J. Dictionnaire de l’ancien français jusqu’au milieu du XIVe siècle. Librairie Larousse. Paris. (1968)
Gougenheim, G. Grammaire de la langue française du seizième siècle. Les langues du monde. (1951)
Dubois, J. et Lagane, R. Dictionnaire de la langue française classique. Librairie Belin. Paris. (1960). 2e édition 1965
Bloch, O. et Von Wartburg, W. Dictionnaire étymologique de la langue française. P.U.F. Paris. (1932). 9e édition 1968
Picoche, J. Dictionnaire étymologique du français. Dictionnaires Le Robert. Paris. (1992). Nouv. éd. 2009
Mathieu-Rosay, J. Dictionnaire étymologique Marabout. Éditions Marabout. Alleur. Belgique. (1985)
Dauzat, A., Dubois, J. et Mitterand, H. Nouveau dictionnaire étymologique et historique. Librairie Larousse. Paris. (1971). Éd. 1979
Walter, H. L’Aventure des mots français venus d’ailleurs. Robert Laffont. Paris. (1997)
Boutet, G. La France en héritage : Dictionnaire encyclopédique, Métiers, coutumes, vie quotidienne 1850 – 1960. Éd. Perrin. Paris. (2007)
Rey, A. et Métoui, L. Le Voyage des mots : de l’Orient arabe et persan vers la langue française. Éditions Guy Trédaniel. Paris. (2013)

 

Principaux sites WEB consultés

  Centre national de ressources textuelles et lexicales (abrégé en CNRTL) : http://www.cnrtl.fr/etymologie/
Dictionnaire Littré (abrégé en Littré) : http://www.littre.org/definition/
Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/
Wiktionnaire : https://fr.wiktionary.org/wiki/