La Chair des mots

SAVOIR

Poésie

Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Recueillement

Étymologie

Savoir < lat. sapere = avoir du goût, sentir, exhaler une odeur, se connaître en quelque chose, connaître, savoir

Domaines

La faune et la flore : sève
Le corps : insipide, insipidité, sapide, sapidité, saveur, savourer, savoureusement, savoureux
Le travail manuel : sapiteur, savoir-faire
Les sentiments : assagir, maussade, maussaderie, résipiscence, sage, sagement, sagesse, sapience, savoir-vivre
La communication : résipiscence, sabir
La spiritualité : résipiscence, sapientiaux, sapientiel
Le travail intellectuel : à l’insu de, au su de, je ne sais quoi, sage, sagement, sagesse, sapience, savamment, savant, savantissime, su
La médecine : sage-femme

Commentaire

En simplifiant à peine, pour certains philosophes (Platon, Descartes et quelques dizaines d’autres), un être humain est un cerveau (qui lui permet d’élaborer des idées) affublé d’un corps qui pèse, qui handicape et qui meurt. La notion d’âme immortelle complète le tableau et a rendu, dans toute l’Europe occidentale, cette philosophie compatible à peu de frais avec le christianisme. Pour d’autres philosophes (Démocrite, Épicure, Lucrèce, Hobbes, Hume, Condillac et quelques autres), l’être humain est, en simplifiant toujours à peine, un être de chair, qui éprouve des sensations, des sentiments, dont le cerveau (organe lui-même, c’est-à-dire matière) interprète et analyse les sensations et les sentiments et les synthétise en idées. Cette conception de l’homme est incompatible avec le message des religions révélées. Ce que l’étymologie nous dit, c’est que la connaissance (le savoir) trouve sa source dans le goût, dans la saveur, dans les sensations, en d’autres termes, qu’Épicure a raison contre Platon ! Le sens premier de la rac. (les sensations) se retrouve dans insipide, sapide, savourer, la saveur… Le mot sève vient d’un mot lat. (sapa) qui désigne le vin cuit, ce qui a de la saveur, d’où le liquide agréable à boire, d’où le sens moderne du mot sève, pas uniquement pour le bouleau ou l’érable.
De la sensation on passe au sentiment et au relationnel avec assagir, sage, maussade (littéralement "qui a mauvais goût"), sagement, le savoir-vivre, la résipiscence. Le niveau de la connaissance, empirique ou non, apparaît dans la sage-femme, la sagesse (synonyme de philosophie dans l’antiquité), la sapience, le savoir, le savoir-faire, (le) savant, le su, le je ne sais quoi, le sapiteur (qui est un expert maritime), le sabir (qui est un langage rudimentaire, mais un langage quand même). Les sapientiaux sont quant à eux constitués de cinq livres bibliques (les Proverbes, Job, l’Ecclésiaste, l’Ecclésiastique et le livre de la Sagesse, auxquels sont parfois ajoutés les Psaumes et le Cantique des cantiques). Ces livres sont des recueils de maximes, de sentences, de poèmes moraux de la sagesse orientale. Cette "sagesse" renvoie plus au savoir-vivre qu’à la connaissance abstraite.

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Abréviations et conventions concernant la langue :

abr. abréviation
adj. adjectif
adv. adverbe
a. fr. ancien français
c.-à-d. c’est-à-dire
cf. confer
ex. exemple
fam. familier
fém. féminin
hyb. hybride
id. idem, pareillement
loc. locution
masc. masculin
neut. neutre
part. participe
p.-ê. peut-être
plur. pluriel
pop. populaire
préf. préfixe
prép. préposition
pron. pronom
rac. racine
sing. singulier
subst. substantif
suff. suffixe
vb verbe


Abréviations et conventions concernant le latin :

bas lat. bas latin (à partir du IIIe siècle de notre ère)
lat. latin classique
lat. ecclés. latin ecclésiastique (langue des auteurs chrétiens à partir de la fin de l’Empire)
lat. imp. latin impérial (à partir de la fin du 1er siècle de notre ère)
lat. méd. latin médiéval (à partir du VIIe siècle de notre ère, langue écrite)
lat. pop. latin populaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
lat. vulg. latin vulgaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
grom gallo-roman = latin parlé au Moyen Âge
lat. bot. latin des botanistes


Abréviations et conventions concernant les autres langues :

alld. mot directement emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
als. mot directement emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
angl. mot directement emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
ara. mot directement emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
bre. mot directement emprunté au breton, mais d’origine latine
celt. mot directement emprunté au celtique, mais d’origine latine
esp. mot directement emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
germ. mot directement emprunté au germanique, mais d’origine latine
it. mot directement emprunté à l’italien, mais d’origine latine
occ. mot directement emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
piém. mot directement emprunté au piémontais, mais d’origine latine
port. mot directement emprunté au portugais, mais d’origine latine
prov. mot directement emprunté au provençal, mais d’origine latine

< alld. mot emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
< als. mot emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
< angl. mot emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
< ara. mot emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
< bre. mot emprunté au breton, mais d’origine latine
< celt. mot emprunté au celtique, mais d’origine latine
< esp. mot emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
< germ. mot emprunté au germanique, mais d’origine latine
< it. mot emprunté à l’italien, mais d’origine latine
< occ. mot emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
< piém. mot emprunté au piémontais, mais d’origine latine
< port. mot emprunté au portugais, mais d’origine latine
< prov. mot emprunté au provençal, mais d’origine latine
i.-e. indo-européen
arg. argot
arc. archaïque