La Chair des mots

QUI

Poésie

Pourquoi qu’a dit rin ?
Pourquoi qu’a fait rin ?
Pourquoi qu’a pense à rin ?
- A’xiste pas.

Jean Tardieu, Monsieur Monsieur, La Môme néant

Étymologie

Qui < lat. qui (pronom relatif, et entre en composition dans des emplois interrogatifs, indéfinis) = qui (sert de radical à de nombreuses formes pronominales ou non) < rac. i.-e. *k- qui sert à former des relatifs, des interrogatifs et des indéfinis

Domaines

Les quatre éléments : quasar (< ang.)
Les groupes humains : chacun, chaque, lequel, quel, quelconque, quelqu’un, quelque, quel que, quelques-unes, quelques-uns, quiconque, quidam (lat.)
Le travail manuel : cahin-caha, neutralisant, neutralisation, neutraliser, quelque chose
Les arts : Quasimodo
Les sentiments : inqualifiable, neutralité, neutre, qualitatif, qualitativement, qualité, quant-à-soi, quelconque, qui-vive
La communication : cancan, cancaner, cancanier, dont, qualifiable, qualifiant, qualificatif, qualifier, quant à, que, quiproquo (lat.), quoi, quolibet
La spatialité : jusqu’ici, jusque, jusque-là, quelque part, ubiquiste, ubiquité
La temporalité : jusqu’ici, jusque, jusque-là, jusques à quand, quand, quelquefois, quotidien, quotidiennement, quotidienneté
La spiritualité : quasimodo (lat.)
Le travail intellectuel : car, combien, comme, comment, pourquoi, quand même, quant, quanta (< all.), quanteur, quantième, quantifiable, quantificateur, quantification, quantifié, quantifier, quantique, quantitatif, quantitativement, quantité, quantum (lat.), quasi, quasiment, quelque que, quia (lat.), quid (lat.), quiddité, quoique, quotient, tutti quanti (it.)
La physique : neutralisant, neutralisation, neutraliser, neutrino, neutron, neutronique, quanta (< all.), quantique, quanton, quantum (lat.)
La politique : déqualification, déqualifier, neutralisme, neutraliste, neutralité, neutre, qualifiant, qualification, qualifié, qualifier, requalification, requalifier
L’économie : cotation, cote, coter, coteur, cotisant, cotisation, cotiser, décote, encan, quotité
La justice : de cujus, quorum (lat.), quota (< ang.), quote-part, quotité
L’armée : qui-vive, qui vive
Les loisirs : disqualification, disqualifier, qualificatif, qualification, qualifier

Commentaire

La rac. sert à construire des mots-outils (adverbes, conjonctions, pronoms et certains adj.) qui ont pour point commun d’exprimer une relation (à quelqu’un, à quelque chose, une quantité, une qualité… ). On peut citer, outre qui, chaque, combien, comme, car, dont, jusque, lequel, pourquoi, quand, quant, quasi, que, quel, quel que, quelconque, quelqu’un, quelque, quelque chose, quelque part, quelque que, quelquefois, quelques-unes, quelques-uns, quia, quiconque, quid, quidam, quoi, quoique… L’intérêt de la rac. tient à ce qu’elle a servi de base à la formation de nombreux autres termes, sémantiquement plus riches.
Du côté quantitatif, on peut citer la cote, la cotation, cotiser, quantifier, quantitatif, la quantité, la quote-part, le quotient, le quotidien, la quotité, le quotient, le quorum, l’encan (terme utilisé dans les ventes aux enchères, mot à mot "pour combien ? "), le quanteur (synonyme de quantificateur), et tous les termes relatifs à la physique quantique (le quantum, les quanta, le quanton… ). Le mot quotidien désigne ce qui a lieu chaque (quoti-) jour (-dien). L’ubiquité est l’art d’être présent en plusieurs lieux (ubi-) en même temps (-quité). Du côté de la qualité, on peut citer toute la sous-fam. de qualifier et celle de neutre, ainsi que le quasar (pour quas (i stell) ar (object)), la quiddité (détermination d’une chose par sa définition).
La relation à quelqu’un est représentée d’abord par le cancan, au sens de bavardage. Le mot est une francisation du lat. quamquam (quoique). Certains expliquent le cancan par la multiplication des réserves et contradictions dans les débats universitaires. D’autres, par ex. Littré, évoquent comme origine "la querelle qu’excita dans les écoles du Moyen Âge la prononciation de ce mot [quamquam], les uns disant kan-kan, à l’ancienne mode, les autres kouan-kouam, à la nouvelle mode, qui est restée la nôtre". Le quolibet (mot à mot : ce qu’il plaît) est une plaisanterie injurieuse lancée à quelqu’un, tandis que le quiproquo (mot à mot : quelqu’un à la place de quelqu’un d’autre) est une méprise sur l’identité d’une personne. Le subst. "de cujus" est un terme de droit qui désigne le défunt dont (sens précis de "de cujus") la succession est ouverte. Le terme quasimodo désigne le jour de quasimodo, c’est-à-dire le premier dimanche après Pâques, où la première prière de la messe commence par ces deux mots lat. quasi modo. Avec une majuscule, le terme renvoie au sonneur de Notre-Dame, dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, et à un poète it. du XXe siècle.
De son côté, l’interjection "qui vive" (avec ou sans point d’interrogation) est le cri de la sentinelle : quelle que soit la personne qui vit [ici, qu’elle donne son identité, son mot de passe] (vive est le subj. de vivre, pour cause d’indétermination). Le qui-vive, quant à lui, est un subst. employé surtout dans l’expression "être sur le qui-vive", c’est-à-dire "être sur ses gardes". Pour finir, l’expression cahin-caha est l’évolution phonétique de qua hinc qua hac (mot à mot : par ici par là).

Complément

Vient du germ : le vasistas.

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Abréviations et conventions concernant la langue :

abr. abréviation
adj. adjectif
adv. adverbe
a. fr. ancien français
c.-à-d. c’est-à-dire
cf. confer
ex. exemple
fam. familier
fém. féminin
hyb. hybride
id. idem, pareillement
loc. locution
masc. masculin
neut. neutre
part. participe
p.-ê. peut-être
plur. pluriel
pop. populaire
préf. préfixe
prép. préposition
pron. pronom
rac. racine
sing. singulier
subst. substantif
suff. suffixe
vb verbe


Abréviations et conventions concernant le latin :

bas lat. bas latin (à partir du IIIe siècle de notre ère)
lat. latin classique
lat. ecclés. latin ecclésiastique (langue des auteurs chrétiens à partir de la fin de l’Empire)
lat. imp. latin impérial (à partir de la fin du 1er siècle de notre ère)
lat. méd. latin médiéval (à partir du VIIe siècle de notre ère, langue écrite)
lat. pop. latin populaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
lat. vulg. latin vulgaire (à partir du IIIe siècle de notre ère, et dont les formes ne sont pas attestées dans les textes) (1)
grom gallo-roman = latin parlé au Moyen Âge
lat. bot. latin des botanistes


Abréviations et conventions concernant les autres langues :

alld. mot directement emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
als. mot directement emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
angl. mot directement emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
ara. mot directement emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
bre. mot directement emprunté au breton, mais d’origine latine
celt. mot directement emprunté au celtique, mais d’origine latine
esp. mot directement emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
germ. mot directement emprunté au germanique, mais d’origine latine
it. mot directement emprunté à l’italien, mais d’origine latine
occ. mot directement emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
piém. mot directement emprunté au piémontais, mais d’origine latine
port. mot directement emprunté au portugais, mais d’origine latine
prov. mot directement emprunté au provençal, mais d’origine latine

< alld. mot emprunté à l’allemand, mais d’origine latine
< als. mot emprunté à l’alsacien, mais d’origine latine
< angl. mot emprunté à l’anglais, mais d’origine latine
< ara. mot emprunté à l’arabe, mais d’origine latine
< bre. mot emprunté au breton, mais d’origine latine
< celt. mot emprunté au celtique, mais d’origine latine
< esp. mot emprunté à l’espagnol, mais d’origine latine
< germ. mot emprunté au germanique, mais d’origine latine
< it. mot emprunté à l’italien, mais d’origine latine
< occ. mot emprunté à l’occitan, mais d’origine latine
< piém. mot emprunté au piémontais, mais d’origine latine
< port. mot emprunté au portugais, mais d’origine latine
< prov. mot emprunté au provençal, mais d’origine latine
i.-e. indo-européen
arg. argot
arc. archaïque